• Histoires

  • « Fais-moi l’amour sur du Pink Floyd... » Larmes, lames, hurlements, douleurs, rires. Carmin qui caresse la peau, flots comme des battements de cœurs. Irréguliers battements à en faire vriller les tympans.  Psychique, douleur, horreur, prince pure qui se tâche de sang. Il prêche, supplie, une dose, une seule. Regards apaisants, brisés, fragiles, torturés, des âmes qui passent, tristes, bougent, jouissent, partent. Clope au bec, l'attrait de la jeunesse, élasticité vulgaire d'une peau beaucoup trop touchée. Irrespect dans les yeux, troublantes canailles aux yeux trop durs. Lion entravé, écartelé, sourire de putain et courbe outrageuse, le cul que l'on touche, l'âme que l'on brise, le cœur trop dur et l'espoir qui s'échappe des entailles aux bras. Saignement à blanc, sevrage alarmant d'une addiction pleine de démence. Démons qui se baignent dans les rives que creusent les reins, dans les sillons des larmes bordés de cernes bleuissantes. Gosse bien propre sur lui qui disparaît à la tombé de la nuit, fugue de l'âme, abandon du cœur, et la drogue qui stagne dans les veines, cours dans le sang, fait brillé les pupilles et ralentir le myocarde. Insolence aux creux des lèvres, vulgarités des mots et des gestes, bon qu'à être pris ou à prendre, comme une pute qui s'écroule sur le pavé beaucoup trop bourrée pour faire son taf, les gestes flous et la jouissance en option. Et le sang coule, réputé pour la violence, le sang coule, tâche, brunis le lit, les draps, le matelas, rire hypocrite d'un ado qui se vend comme on vendrait son sang, illégalement. Et les dégoûts sont crus, visibles, une fois, deux fois, addiction malsaines, poisons dans tes crocs et tes veines. Façade innocente qui se brise en une phrase, un mot, une demande. Mouvements de reins, lumières aveuglantes, musique à en écraser les tympans, gamin qui danse, chauffe, s'amuse, souris, assume, alcool drogue et insolence dans les veines. Déçu qu'est le porc quand la requête est rejeter, refusé, clairement. Il choisit, despote, jeunesse, beauté, charme, charisme, argent. Les appels, téléphone rose et le rire s'étouffe entre des simulations de plaisirs, les muscles douloureux, bleus, violences. Agonie du gamin qui sommeil, qui tente d'exister à travers des idées, des illusions. Poupon trop grand qui laisse la lame glisser sur la peau, qui s'écroule dans le lit dans un effort vain, enfant qui se laisse crever entre le liquide carmin et le foutre collant. Fer qui glisse, laisse une marque, ventre, côtes, cuisses, cou, fluide qui purge, fait rire, rouge qui fini dans un bain beaucoup trop froid, souvenir d'un gosse pratiquement noyé dans l'eau glacée. Et ils admirent les cons, les marques, les frasques, les mots brisés et la clope qui brûle les doigts, la douleur qui réveil, fait du bien, fait sentir vivant, souffrance qui charme et attire, souffrance que l'on a envie de baiser, gamin qu'on veut brisé encore plus lui faire bouffer son joint et ses yeux dans l'ciel, lui faire avaler les simulations de plaisirs et de désirs alors que c'est le vide, ne rien ressentir, plus rien, néant.


    4 commentaires
  • Un coup. « Regarde-moi. » Deuxième. Vue qui se trouble, envie de vomir. « Putain Lux regarde-moi ! » Flou artistique, angoissant, noirceur particulière et malaisante. Rouge sur le blanc, coton imbibé, goût de fer. Poigne. Forte. Trop, autour du cou, bloquant la respiration, presque libération, rougeur des joues. « Tu m’y obliges amour. » Amour, le cœur qui se brise prêt à la crémation, le sang qui s’écoule, marbre contre le dos, lame qui glisse, jugulaire, clavicules, lèvres. Perles qui coulent, lèchent le sang, la mort en gouttes. « Est-ce que je devrais m’excuser ? » Rieur, yeux fous, délire de drogue, peur de crever bouffer par les vers. « Où est-ce que t’as mis la came petit con ! » Respiration hachée douloureuse, bleu qui se forme, marque de strangulation apposée sur la peau, supplice futur, douleur malsaine. Les lèvres qui essaient de réparés, douceur préparée, manœuvrée, ne plus ressentir la douleur, plus jamais. « T’y as pas touché n’est-ce pas mon ange ?  » Envie de vomir, griffure de la lame d’un couteau sur le ventre, bras, hanche.  Larmes, la voix qui s’élève, s’énerve, frappe encore, le corps qui se tend, qui se crispe, dégoutant qui s’installe, possession d’un corps qui n’appartient plus, n’appartiendras plus jamais. « Tu sais ce que tu mérites non ? » Garrot, seringue sortie de son paquet, ne pas risquer, il tient à toi, il pense tenir à toi, signe d’amour quand la drogue s’insinue, douleur du corps quand les effets seront passé. Soit sage Lux, calme toi Lux, ne bouge pas Lux. Morphine qui endort. Fait semblant Lux, ne hurle pas Lux, de toutes façons tu ne sens plus rien n’est-ce pas ?  La nuit à pleurer, corps tremblant, luttant pour ne pas reprendre une dose, douleur physique et mental, ne pas réagir, ne pas bouger, ne pas regarder. « Je t’aime. » Hurlement et la fin, le corps étranger qui enlace, se prélasse, caresse. Il serait tant non ? Plus jamais, va te faire foutre, casse toi. Parce que dans les nuits sombres, il y a plusieurs corps, plusieurs hommes, plusieurs mecs, des dizaines, orgie de médoc. Tromperie à peine subtile, odeur des autres tandis que l’enfant à a peine le droit de toucher un autre. Gamin d’un autre pays, brisé dans les deux, perdu entre deux mondes. Plus personne. Seul. Regard éteint et teint gris. La tête baissée dans la rue, la dépression qui colle à la peau, les traces de piqûres de scarification, traces de violences domestiques. T’aimerais gueuler, « Aidez-moi ! » tu ne peux pas, t’en crèverais à coup sûr.


    3 commentaires
  • Roi de piques. Il marche sur les pavés défoncés d'une ville rapiécée, la voix comme le son que fait une guitare cassée, un chat dans la gorge et une bombe dans la tête. Il a un volcan surmonté d'un glacier dans le cœur, il se tempère, il y croit, il pense savoir le faire, mais sa voix brisée explose en des milliers de morceaux tandis que ses cheveux  se perdent sur sa nuque et devant ses yeux d'un sombre à en glacer le cœur d'une reine de conte de fées, celle-là même qui s'abrite sous un parapluie pour laisser intact son maquillage de film d'horreur. Il est là, Kai, pour faire chier son monde impunément, la tête couverte d'une capuche rapiécée, des patchs provoquant sur sa veste. Il est là pour faire chier son monde, ne pas être soumis, ne pas être celui qui a du bol avec les filles. Il sourit quand il se fait tabasser par les dealeurs du coin, un sourire de face qui masque une douleur en profondeur, il masque sa peine, sa tristesse à travers sa gueule d'enfant parsemée de cicatrices beaucoup trop présente pour son âge.
    Il hurle aux conducteurs qui passent au rouge d'aller se faire voir, il remet son sac sur ses épaules, il passe sa main dans sa crinière pour ensuite regarder d'un coup d'œil discret les blessures sur ses jointures. Il observe les croûtes de sang sécher qui forme des arabesques dans l'eau de son bain, il est là, il réfléchit aux constances de la vie, ange ou démon ? Écrivain ou lecteur ? Il claque les bouteilles d'alcool de sa mère contre les murs en espérant se faire enfin comprendre, une chose qui dépasse l'entendement lui bouffe le ventre, les bleus sur son torse lui arrachent des grimaces de douleur qui ressemblent plus à des sourires, ses yeux bercent les démons qui sortent du plus profond de son âme, le froid le mord, le faisant pâlir, alors, il souffle sur ses mains rougies par le froid et la violence pour espérer sauver un minimum de chaleur. Et il tousse quand le vieux toxico du coin de la rue lui envoie la fumée de son joint en pleine gueule, et il le regarde d'un air noir, voiler d'un espoir pratiquement mort-né, noyer. Il lâche sa clope et regarde la fumée s'élever dans les airs comme l'âme qu'il n'a jamais eut, il le croit dur comme fer du moins. Le froid le rattrapera toujours de toute façon, l'air qui emplit ses poumons, la neige qui fait durcir son être entier, la tétanie qui le ronge à chaque fois qu'il regarde son père hurler contre lui.
    Ça sonne comme une litanie d'insulte quand les profs parlent de lui à demi-mots, il tire la tronche et ça paraît logique. Ses jambes allongées sur ce banc, la fumée s'envolant de sa bouche, ses doigts long et légèrement brune se laissant bien volontairement cramer. Il est là, ses écouteurs dans les oreilles comme pour vouloir échapper au bruit extérieur, mais ils sont là, lui martèle le cerveau sans cesse, ses sourcils se froncent, ça l'irrite, tout ce bruit qui couvre la musique qui fuse dans ses écouteurs, ça lui donne envie de hurler. 
    Cerveau déficient, cerveau de grand con pas bien berné par la connasse qu’est la vie. Il est là, toujours au même endroit, essayant d’oublier ces bruits de motos semblables à des voix stridentes, il oublie la voix de sa mère, celle rauque de son père, il veut oublier, se bercer d’illusions pour l’instant, pour un moment, pour une seconde. Il est la lune, il est la nuit noire, il est le contraire que tout le monde a en lui. Une ombre. Ils se font face lui et Wolf, Wolf et lui, lumière contre obscurité, mais ça reste de l’amour, quand les insultes fusent à cause d'un mot plus haut que l'autre, gosse amoureux qui donne des coups, il pourrait presque être son démon, Némésis magnifique. Et il rentre chez lui, claquant cette maudite porte qui grince, jetant un œil à ses parents assis sur le canapé comme des damnés ayant pour sentence d’avoir à se faire du souci pour leur garçon, ils squattent l'appartement juste pour être sûr qu'il y rentre. Un sourire crispé glisse sur ses lèvres rouges de sang et un peu bleuies par le froid glaçant de l’hiver. Malachai fait l'amour comme il fait la haine, il s’insinue dans les esprits et laisse une marque rougeâtre semblable à un suçon, blessure qui marque le cœur et l’âme, marque semblable à celle que laisse un baiser trop puissant. Malachai il semble dénué d'identité, pourtant il en a bien une, il essaie de s'en débarrasser à chaque fois qu'il croise la lune, il se dit qu'il change de nom. Kai il arrive à être doux, compréhensif, Kai il arrive à aimer, à sourire, il calme juste la tempête de son être, ça arrive, parfois. 


    4 commentaires
  • « T'es sûre que tu veux cette bouteille gamine ? C'est pas un peu trop fort pour toi ? » Vodka, non, c'est pas trop fort, c'est juste ce qu'il te faut, t'es faite pour ça, cet alcool déchire la gorge. Tommy, t'a toujours été la petite pute de ton quartier, cette salope qui s'amusait à chauffer les vieux et qui leur volait leur frique dans la poche arrière. La petite conne du deuxième étage, celle qui lançait des bombes d'eaux sur les vieux gâteux du cinquième qui galéraient pour trouver le code d'entrée de l'immeuble. Toi, t'étais une petite reine, une petite fée, celle qui voulait un jour savoir voler, mais est-ce que c'était possible ? Non, la vie te l'a bien montré, quand tu sautes tu t'écrases au sol comme ce chat, celui de ton ami d'enfance, il a glissé et boom, du dixième étage. Personne ne survit à une chute, ou bien alors t'es superwoman. Oh Tommy, t'en avait déjà marre de tes longs cheveux châtains clairs quand t'étais gamine ! Puis, de toute façon tu finirais vraiment brune, tant pis. T'avais décidé, quand tu décides on ne peut pas te faire changer d'avis. Et puis, aussi tu changerais de prénom aussi. Mais cette idée-là tu l'as vite oublié. Tommy, pour une fille, ce n'est pas mal au final ! Si ? Ta mère ? Elle est partie au ciel il parait, elle était égoïste ta mère, elle t'a pas emmenée avec elle, sale conne. Ah Tommy, tu t'en souviens la première fois qu'un vieux gâteux s'est foutu en rogne, mais, bon, c'était quoi ? Cent dollars, ce n'est rien cent dollars, c'était pour manger un mcdo avec ta mère, ouais prétexte nul sachant que tout le monde que ta "salope" de mère s'est "suicidée" à coup de médicaments. Tout le monde t'as dit que c'était de ta faute aussi, toi, à gueuler dans tout cet appartement sans t'arrêter, parce que même gosse tout le monde te traitait de chieuse. Paraît que tu es née chez toi, ta mère souffrait le martyre et toi t'arrivait pas. Y'avais personne pour l'aider, ou presque, une sage-femme, de fortune du moins. Ta mère elle avait du sang de partout, toi aussi, paraît que t'as pas de père, que t'en aura jamais un parce que t'es trop idiote et moche, c'est ce que les gens de ton quartier ils disent, tu penses qu'ils sont justes jaloux en vrai. Mais, voilà, tu es née, ta mère était en larmes et la sage-femme paniquait, petit ange que tu étais, à peine deux kilos cinq, un petit bout de chou, un bébé qui dans ces conditions risquait de mourir. Tommy, tu sais pas pourquoi elle t'as donné ce prénom ta mère, il est bizarre ce prénom, mais t'aime bien, c'est comme un prénom de mec, comme le gars dans "the maze runner" enfin, le surnom qu'on lui donne. Ouais t'as vu ce film y a pas longtemps, les acteurs sont mignons mais t'aime pas les mecs, même si tu deviendrais bien hétéro pour deux d'entre eux. Ah ouais, ta pseudo "bisexualité". Ça c'est un putain de sujet tabou et tu le sais, ce n'est pas très bien accepté dans les quartiers pauvres, tu peux pas ramener de filles à la maison ni de gars d'ailleurs, de ce fait, t'es encore pucelle, tu t'en plains pas, parce qu'il paraît qu'il faut gardé "sa vertu", t'aimerais bien te casser de cet endroit, mais tu n'as pas de sous, tu vis au jour le jour quand les vieux acceptent de t'héberger vu qu'ils connaissaient ta chère maman. Pour t'habiller tu vas voler les affaires des filles du lycée du quartier, toi t'allais rarement au lycée avant, maintenant que t'as vingt-deux ans t'y va plus au lycée, tu vas pas non plus à l'université, ça coûte trop cher l'université sérieusement. T'arrive pas à trouver de travail, t'as rien après tout, le compte en banque blindé de ta matriarche ? Tu peux pas toucher l'argent avant tes vingt trois ans, ouais même si tu es à la rue. On te donne deux cents dollars par mois pour survivre, pas de quoi te payer un appartement, alors tu dors soit chez les vieux, soit dehors. T'as juste un sac à dos avec des vêtements, un vieux téléphone portable et une brosse, rien de plus rien de moins. Parfois les auberges t'autorisent à rester et à te laver, mais jamais plus de deux jours, tu coûtes des sous il paraît, après il te donne aussi à manger donc tu vas pas te plaindre hein. Ta mère c'était une gosse de riches qui s'est faite engrossé par le premier taulard passant. Une fille facile quoi. Paraît que t'as son comportement quand elle avait ton âge, une pute de bas étage en gros. Pourtant, tu veux tellement pas être comme ta mère ! Ce n'est pas ta faute si tu provoques un peu, tu es comme ça, et puis tu t'habilles pas comme une prostituée, si ? Et si c'est le cas c'est la faute des filles du lycée. Toi, Tommy, tu fais un mètre soixante les bras levés et les chaussures à talons gothiques misent. Ah ouais, t'aimais bien quand la petite gothique était dans ce lycée elle te voyait et elle te donnait les fringues dont-elle voulait plus, un style de bénévolat quoi, elle t'a même offert du maquillage pour deux ans, ouais c'était la fille d'une meuf qui était directrice d'un magasin de cosmétique, tu l'aimes bien, encore aujourd'hui elle te donne ce dont t'as besoin pour te maquiller et une fois par an un parfum ou des trucs hyper cher ! T'as déjà pensé à les vendre, mais ça s'rait vraiment pas intelligent, pour une fois qu'y a des gens sympas avec toi.  Paraît que tu fais peur aussi, tu comprends pas pourquoi t'es gentille et puis tu sais sourire. Ah ouais, pour sourire tu sais sourire, surtout pour qu'un gentil policier t'offre ton déjeuner. Quand t'étais petite tu faisais ça aussi, mais c'était plus facile, t'avais qu'a jouer a faire tes yeux larmoyants et le tour était joué. Là non, là tu dois supplier, tu dois montrer ta carte d'identité, tu dois dire tes revenus tu dois mentir pour manger. Tu économises oui, tu pourrais bien te payer un sandwich nul dans un commerce nul mais nan, tu veux manger du gras reprendre du poids parce que c'est pas avec tes quarante-cinq-kilos toute mouillée que tu vas avoir du succès chez les gens  de bonnes familles. Tommy, tu te souviens quand les gamins t'apprenaient à voler, tu te souviens qu'ils se sont tous fait embarqué par la police. Tommy, tu te souviens quand t'as fait tes cheveux blancs comme Neige (le chat de la gardienne, ouais t'aimais bien ce chat), tu te souviens que t'étais heureuse, que t'as fait un stock immense et que tu volais dans les grands magasins pour encore plus décolorer ces maudits cheveux. Ah, Tommy, t'aurais tellement aimé pouvoir vivre, mieux, pouvoir te pavaner dans des robes de princesses et des chaussures de reines. Putain qu'est-ce qu'ils ont la vie cool les riches !

     


    votre commentaire
  • imageimage

    « тишина...» Doucement, ça sonne comme un petit écho, une mélodie incomplète, comme les notes brisées d'un piano, mais, ça fait peur en même temps, ça donne l'envie incontrôlable de vomir. Ce bruit fait monter les larmes, ce petit mot qui impose le silence, ce mot qui le signifie. On entend, on essaie d'entendre, les cris dans le fond de la pièce, des cris entravés, des cris digne de ceux d'une enfant qui va mettre du temps à se reconstruire plus tard. C'est le bruit de la violence, le bruit du vent qui claque contre la fenêtre, c'est le bruit assourdissant d'une bombe. C'est un enfant sans nom retenu dans une pièce sans lumière, sans eau, sans nourriture. C'est le bruit d'une tête qui heurte parfois le sol sous les coups d'une personne sans visage. C'est une peau n'ayant pas été exposée au soleil, ou presque jamais, des bras trop fins des jambes trop blessés. Des chaînes autour des poignets. C'est une boîte à musique cachée dans l'obscurité dont la musique rend fou parce qu'on l'a entendu trop de fois. C'est une voix, un visage invisible qu'on ne peut pas supplier parce qu'un bâillon entrave notre bouche. C'est une petite fille vêtue seulement d'une chemise trop grande pour elle. C'est une salle poisseuse de sang et des yeux remplis constamment de larmes. C'est un marché noir, un marché d'enfant, bien caché dans l'ombre. C'est un bébé vendu au plus offrant, c'est un élevage comme à l'abattoir, c'est des enfants vendus illégalement pour être des esclaves. C'est la petite fille qui ne peut pas hurler, c'est cette voix bloquée par ce morceau de tissu puant la sueur et la transpiration. C'est la faim tiraillant l'estomac. C'est des enfants numérotés un par un au fer rouge, juste en bas du dos, comme du bétail, même les plus précieux y passe, comme dans un film d'horreur, là aussi les cris sont interdits, les baillons resserrer ou les bouches occupées par autre chose, par une chose bien plus horrible qu'un chiffon sale. C'est la douleur ressentit partout, c'est les nouvelles drogues testées sur ces enfants, des centaines mourantes. C'est la petite fille, pleurant de douleur quand le fer rentre en contact avec sa peau blanche, laissant à jamais une trace hideuse dans le bas de son dos. C'est le refus, malgré les tentatives de vendre son corps, son corps d'enfant, de bébé, d'enfant. Comment refuser alors qu'on ne comprend pas ce qui se passe ? Comment, elle, on l'avait épargné ? Elle ne se souvenait plus. Depuis sa naissance, ça n'avait qu'était noir, puis parfois, le soleil se montrait et elle voyait du blanc. Puis, un jour, la libération. C'était l'armée, peut-être, ou de la police. Peut-être qu'ils avaient entendu finalement les lamentations des enfants les plus vieux ? D'abord, il y avait eu le bruit des dossiers renversés au sol, des dossiers pleins de photos, de photographies de ces enfants, dans des postures audacieuses, dans l'état de leur arrivée. Tous numérotés, sans prénom ou nom propre, juste des numéros, juste des listes de produits, d'expériences. Des enfants n'ayant pas appris à parler, des enfants innocents victime d'une ancienne guerre, des enfants dont les parents ont trépassé, sont partis rejoindre le dieu des souterrains. « како ти је име ? » Un nom ? Elle n'en avait pas, juste un numéro, un code. Elle n'avait jamais parlé, jamais, comment répondre ? Il fallait apprendre, il fallait bien s'exprimer, qu'importe la langue, elle savait parler, elle savait, mais n'avait jamais essayé, comme tous les autres, il y avait la voix dans sa tête, sinon elle serait devenu folle. La sensation d'une bouche pâteuse, d'une langue un peu engourdie et d'une voix jamais entendue encore. « Но наме...» Et, elle disait la vérité, elle n'avait pas de nom, juste un numéro, elle n'aimait pas ce numéro, il faisait mal à la peau et à l'âme. Puis, il y avait eu la sensation d'être détaché des chaînes, les poignets engourdis, et la sensation d'être au-dessus du sol, un peu comme un avion en hauteur. Elle se souvenait, de la lueur du soleil, de se coucher de soleil. Ces yeux avaient mis du temps a s'adapter au rose de ce soleil, ce soleil ce couchant sur Sarajevo, elle l'avait vu, pour la première fois de sa vie. Le second souvenir était de l'eau, de la couleur de l'eau. Un vert ? Un vert bizarre, presque marron, cinq ans de crasse, cinq ans de peur, et maintenant enfin du confort et de l'amour ? « хвала...» Pourquoi elle remerciait cette dame ? Parce qu'elle avait à manger, de l'eau, et du savon. Parce que, qu'avant, il n'y avait une douche que pour les jours de ventes. Parce que la peur, la crasse, la douleur, faisait partie de ce quotidien. Il y a eu ensuite, le jour du prénom. Devant un livre de mythologie, l'histoire d'Écho et de Narcisse, c'était une belle histoire, triste. « Ви немате име, зар не? А ако аппеллаис Ецхо? » Elle n'avait pu qu'acquiescé, la dame venait de lui demandait si elle aimerait s'appeler Écho, qui n'aimerait pas ? Ces petits doigts avaient froissé le papier sous le contentement. Elle avait un prénom maintenant, plus de chiffre ! Puis, une adoption. Elle avait été adopté, par un couple américain, un couple riche, sans enfant, un peu absent. Elle avait dix ans, elle avait passé cinq ans à travailler, travailler dur pour rattraper son retard, pour devenir une jolie jeune fille bien élevée, mignonne, sans problème d'élocution, sans rien. Elle avait réussi, l'anglais était une langue compliquée mais pas plus que le français, alors, elle avait appris encore plus dur. Elle ne se souvenait plus vraiment de comment avait été son déménagement, elle l'avait plutôt bien pris. Elle avait pris sa nounou dans ses bras, l'avait embrassé sur la joue, c'était un peu sa maman après tout. « И лове иоу Наноу... Ја ћу вас пропустити » Oui, elle allait lui manquer et elle l'aimait, après tout, elle lui avait rendu sa vie, sa petite vie insignifiante.  Les premiers jours dans sa maison furent effrayants. Elle avait beau crier, il n'y avait personne, personne pour sécher ses larmes d'enfants effrayer par le noir, personne pour remplacer sa nounou, personne ne voulant s'occuper d'elle. Quand elle allait dans le lit de sa nouvelle mère, il était vide. Toute seule, elle était toute seule. Et ça avait continué à l'école. « Dirty rich kid! You disgust us! » Pourquoi ? Pourquoi elle dégoûtait ces enfants ? Elle ne comprenait pas. C'était parce qu'elle avait enfin des beaux habits ? Elle pouvait leur donné s'ils voulaient, elle voulait juste des amis. Juste des amis. Les cauchemars ne s'arrêtaient pas, ils étaient plus violent, plus durs. C'était plus des souvenirs que des cauchemars au final. La vente, la peur, la douleur. Comment pouvait-elle savoir ? Un parcours exemplaire, les meilleures notes dans toutes les matières, l'envie simple d'être aimé. Pourtant, généralement quand tu es intelligent et que tu as de bonnes notes tu n'as pas franchement aimé par les autres. « Stupid bitch ! » Le harcèlement, c'était rien comparé à tout ce qu'elle avait déjà vécu, mais ça faisait mal d'être harcelé, de retrouver ces affaires baignant dans les toilettes des filles, personne n'a jamais aimé ça, personne. Et si quelqu'un avait aimé elle aurait aimé le rencontrer en personne. Le départ de la maison, pour un endroit plus misérable, pour apprendre la vie "à la dur", parce qu'elle avait été trop gâtée ? Peut-être.


    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique