• sous mon pull la fin du monde

    « T'es sûre que tu veux cette bouteille gamine ? C'est pas un peu trop fort pour toi ? » Vodka, non, c'est pas trop fort, c'est juste ce qu'il te faut, t'es faite pour ça, cet alcool déchire la gorge. Tommy, t'a toujours été la petite pute de ton quartier, cette salope qui s'amusait à chauffer les vieux et qui leur volait leur frique dans la poche arrière. La petite conne du deuxième étage, celle qui lançait des bombes d'eaux sur les vieux gâteux du cinquième qui galéraient pour trouver le code d'entrée de l'immeuble. Toi, t'étais une petite reine, une petite fée, celle qui voulait un jour savoir voler, mais est-ce que c'était possible ? Non, la vie te l'a bien montré, quand tu sautes tu t'écrases au sol comme ce chat, celui de ton ami d'enfance, il a glissé et boom, du dixième étage. Personne ne survit à une chute, ou bien alors t'es superwoman. Oh Tommy, t'en avait déjà marre de tes longs cheveux châtains clairs quand t'étais gamine ! Puis, de toute façon tu finirais vraiment brune, tant pis. T'avais décidé, quand tu décides on ne peut pas te faire changer d'avis. Et puis, aussi tu changerais de prénom aussi. Mais cette idée-là tu l'as vite oublié. Tommy, pour une fille, ce n'est pas mal au final ! Si ? Ta mère ? Elle est partie au ciel il parait, elle était égoïste ta mère, elle t'a pas emmenée avec elle, sale conne. Ah Tommy, tu t'en souviens la première fois qu'un vieux gâteux s'est foutu en rogne, mais, bon, c'était quoi ? Cent dollars, ce n'est rien cent dollars, c'était pour manger un mcdo avec ta mère, ouais prétexte nul sachant que tout le monde que ta "salope" de mère s'est "suicidée" à coup de médicaments. Tout le monde t'as dit que c'était de ta faute aussi, toi, à gueuler dans tout cet appartement sans t'arrêter, parce que même gosse tout le monde te traitait de chieuse. Paraît que tu es née chez toi, ta mère souffrait le martyre et toi t'arrivait pas. Y'avais personne pour l'aider, ou presque, une sage-femme, de fortune du moins. Ta mère elle avait du sang de partout, toi aussi, paraît que t'as pas de père, que t'en aura jamais un parce que t'es trop idiote et moche, c'est ce que les gens de ton quartier ils disent, tu penses qu'ils sont justes jaloux en vrai. Mais, voilà, tu es née, ta mère était en larmes et la sage-femme paniquait, petit ange que tu étais, à peine deux kilos cinq, un petit bout de chou, un bébé qui dans ces conditions risquait de mourir. Tommy, tu sais pas pourquoi elle t'as donné ce prénom ta mère, il est bizarre ce prénom, mais t'aime bien, c'est comme un prénom de mec, comme le gars dans "the maze runner" enfin, le surnom qu'on lui donne. Ouais t'as vu ce film y a pas longtemps, les acteurs sont mignons mais t'aime pas les mecs, même si tu deviendrais bien hétéro pour deux d'entre eux. Ah ouais, ta pseudo "bisexualité". Ça c'est un putain de sujet tabou et tu le sais, ce n'est pas très bien accepté dans les quartiers pauvres, tu peux pas ramener de filles à la maison ni de gars d'ailleurs, de ce fait, t'es encore pucelle, tu t'en plains pas, parce qu'il paraît qu'il faut gardé "sa vertu", t'aimerais bien te casser de cet endroit, mais tu n'as pas de sous, tu vis au jour le jour quand les vieux acceptent de t'héberger vu qu'ils connaissaient ta chère maman. Pour t'habiller tu vas voler les affaires des filles du lycée du quartier, toi t'allais rarement au lycée avant, maintenant que t'as vingt-deux ans t'y va plus au lycée, tu vas pas non plus à l'université, ça coûte trop cher l'université sérieusement. T'arrive pas à trouver de travail, t'as rien après tout, le compte en banque blindé de ta matriarche ? Tu peux pas toucher l'argent avant tes vingt trois ans, ouais même si tu es à la rue. On te donne deux cents dollars par mois pour survivre, pas de quoi te payer un appartement, alors tu dors soit chez les vieux, soit dehors. T'as juste un sac à dos avec des vêtements, un vieux téléphone portable et une brosse, rien de plus rien de moins. Parfois les auberges t'autorisent à rester et à te laver, mais jamais plus de deux jours, tu coûtes des sous il paraît, après il te donne aussi à manger donc tu vas pas te plaindre hein. Ta mère c'était une gosse de riches qui s'est faite engrossé par le premier taulard passant. Une fille facile quoi. Paraît que t'as son comportement quand elle avait ton âge, une pute de bas étage en gros. Pourtant, tu veux tellement pas être comme ta mère ! Ce n'est pas ta faute si tu provoques un peu, tu es comme ça, et puis tu t'habilles pas comme une prostituée, si ? Et si c'est le cas c'est la faute des filles du lycée. Toi, Tommy, tu fais un mètre soixante les bras levés et les chaussures à talons gothiques misent. Ah ouais, t'aimais bien quand la petite gothique était dans ce lycée elle te voyait et elle te donnait les fringues dont-elle voulait plus, un style de bénévolat quoi, elle t'a même offert du maquillage pour deux ans, ouais c'était la fille d'une meuf qui était directrice d'un magasin de cosmétique, tu l'aimes bien, encore aujourd'hui elle te donne ce dont t'as besoin pour te maquiller et une fois par an un parfum ou des trucs hyper cher ! T'as déjà pensé à les vendre, mais ça s'rait vraiment pas intelligent, pour une fois qu'y a des gens sympas avec toi.  Paraît que tu fais peur aussi, tu comprends pas pourquoi t'es gentille et puis tu sais sourire. Ah ouais, pour sourire tu sais sourire, surtout pour qu'un gentil policier t'offre ton déjeuner. Quand t'étais petite tu faisais ça aussi, mais c'était plus facile, t'avais qu'a jouer a faire tes yeux larmoyants et le tour était joué. Là non, là tu dois supplier, tu dois montrer ta carte d'identité, tu dois dire tes revenus tu dois mentir pour manger. Tu économises oui, tu pourrais bien te payer un sandwich nul dans un commerce nul mais nan, tu veux manger du gras reprendre du poids parce que c'est pas avec tes quarante-cinq-kilos toute mouillée que tu vas avoir du succès chez les gens  de bonnes familles. Tommy, tu te souviens quand les gamins t'apprenaient à voler, tu te souviens qu'ils se sont tous fait embarqué par la police. Tommy, tu te souviens quand t'as fait tes cheveux blancs comme Neige (le chat de la gardienne, ouais t'aimais bien ce chat), tu te souviens que t'étais heureuse, que t'as fait un stock immense et que tu volais dans les grands magasins pour encore plus décolorer ces maudits cheveux. Ah, Tommy, t'aurais tellement aimé pouvoir vivre, mieux, pouvoir te pavaner dans des robes de princesses et des chaussures de reines. Putain qu'est-ce qu'ils ont la vie cool les riches !

     


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